Longtemps réservées aux photographes spécialisés et autre adeptes d’obscures formules mathématiques face auxquelles le novice était bien souvent décontenancé, la  proxiphotographie et la macrophotographie sont désormais accessibles au plus grand nombre.

Les formules classiques, dont celle prenant en compte la focale, on perdu beaucoup de leur intérêt avec les optiques modernes, notamment les objectifs macro dotés d’une mise au point interne. Pour le photographe qui a débuté avec la photographie numérique, toutes ces notions sont généralement inconnues. Mais cette méconnaissance n’empêche pas de pratiquer la proxiphotographie ou la macrophotographie, dès lors  qu’on se limite à des grandissements relativement modestes.

Ainsi, alors que la prise de vue au-delà du grandissement x1 reste encore, pour une bonne part, une affaire d’expert, la photographie rapprochée à des rapports de reproduction plus modestes est accessible à tous et pose assez peu de contraintes techniques.

Si le reflex constitue l’outil de spécialiste par excellence, il faut garder à l’esprit qu’un appareil plus modeste, tel un compact peut faire tout aussi bien, voire mieux dans certains cas.

Un compact pour débuter en Macro ? Pourquoi pas !

Tous les compact proposent une position macro (généralement accessible via le pad de sélection arrière et symbolisée par un pictogramme de fleur stylisée). Sur la plupart des modèles, c’est à la plus courte focale du zoom que ce mode macro procure les résultats les plus spectaculaires.

Les automatismes de l’appareil (déverrouillables sur les modèles « expert ») s’occupent des réglages techniques. Délesté de cette charge, le photographe peut donc se consacrer uniquement à son sujet et à l’image qu’il veut en donner.

Grande simplicité d’emploi et attrait ludique

Comparer un réflexe ou à un hybride doté d’un grand capteur, un compact utilisé en macro (ou en prise de vues rapprochée) donne une profondeur de champ très étendue. Cette caractéristique est une aubaine pour le débutant qui est alors débarrassé du délicat problème de mise au point. Cette grande zone de netteté à des vertus pédagogiques en matière de composition. Elle permet en effet d’apprendre à gérer les différents plans de l’image et à harmoniser au mieux.

En outre, du fait de la très courte distance de travail (entre le sujet et l’appareil photo), un compact produit des images macro où la perspective est très forte, ce qui permet d’obtenir facilement des compositions dynamiques.

Signalons que certains compacts sont équipés d’un écran ACL orientable ou inclinable : une caractéristique qui simplifie le cadre quand l’appareil est placé au ras du sol. À défaut de ce raffinement, il faut cadrer au sujet et donc multiplier les essaies avant d’obtenir la bonne image.

De plus, du fait de sa petite taille, un compact permet de réaliser des images macro dans les endroits confiné ou peu accessibles (pièce métallique à l’intérieur du moteur, fleur basse en contre-plongée, etc.).

Le compact présente malgré tout quelques limites

Tous les avantages du compact ne peuvent en effacer les défauts. Chantre de la simplicité d’emplois et des automatismes, un compact laisse souvent peu de liberté à l’utilisateur, hormis le choix du cadrage. De même, petitesse du capteur ne permet pas de jouer de manière influente. 

Parallèlement, un compact n’offre pas une réactivité comparable à celle d’un reflex. Il est donc peu adapté à la prise de vue de sujets farouches ou très réactifs. De plus, il est préférable de se limiter aux basses sensibilités si l’on veut éviter la montée du bruit numérique, ce qui exige de travailler dans de bonnes conditions de luminosité.

Enfin, un compact dispose d’une série d’accessoires assez étriquée. Il est donc impossible d’espérer construire des éclairages élaborés avec des flashs. Le compact est certes pratique et irremplaçable dans certains cas, mais ses limitations sont nombreuses.

Le Bridge en Macro

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Jouant la carte de l’universalité, le bridge se veut l’appareil à tout faire. Il est polyvalent, mais n’excelle jamais dans un domaine particulier. Ce constat se trouve en macro : l’appareil permet d’obtenir de bonnes images, mais avec certaines limitations techniques inhérentes à sa conception.

En effet, à cause de son capteur de faibles dimensions (sur la plupart des modèles), un bridge présente les mêmes avantages et inconvénients qu’un compact en matière de profondeur de champ. Côté réactivité, les deux types de boîtiers se valent.

En revanche, un bridge est plus encombrant qu’un compact ; il ne peut donc rivaliser avec ce dernier pour la prise de vue au ras du sol sous des angles insolites. La visée se fait via l’écran arrière qui est orientable sur la plupart des bridges (excepté en entrée de gamme).

Certains modèles sont dotés d’un viseur électronique, mais il est en général assez peu discriminant et ne permet donc pas d’apprécier au mieux la visée et la netteté.

Comparé au compact, le bridge offre toutefois l’avantage d’une plage de focales très étendue qui permet en macro de travailler à bonne distance du sujet. Un atout certain avec les sujets les plus farouches (paillons, libellules et vertébrés de petite taille).

Faites cependant attention aux contraintes d’utilisation des longues focales : difficulté de viser à l’écran à mesure que la focale s’allonge et nécessité d’opérer à main levée avec un temps de pose court pour éviter le flou de bougé.

Sachant qu’un bridge donne rarement de bons résultats au-delà de 400, voire 800 ISO (notamment en macro où la finesse de rendu est recherchée), l’utilisation d’une longue focale à main levée est possible seulement dans de très bonnes conditions de luminosité. Limitez-vous donc à l’utilisation de focales raisonnables (200 à 400 mm). 

C 'est possible de débuter avec un reflex d’entrée de gamme et son zoom

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Dans une très large majorité, les reflex et les hybrides sont vendus en kit avec un zoom transstandard d’entrée de gamme (18-55 mm en APS-Cou 14-42 mm en micro ¾). Bien que cet objet ne soit pas un objectif macro, il peut être utilisé en proxiphotographie du fait de sa distance minimale de mise au point relativement courte.

La plupart des modèles descendent à 0,25 m ou 0,30 m et donnent un grandissement compris entre *0,35 et *0.4, bien suffisant dans un premier temps pour s’essayer à la photographie des petites bêtes et des jolies fleurs.

Le grandissement maximum offert par le zoom u kit permet s’initier à moindre coût à la photographie rapprochée avec un reflex ou un hybride. Cependant, pour obtenir de bons résultats, quelques précautions d’emploi s’imposent.

Compte tenu de la petitesse du sujet, il est préférable de débrayer l’autofocus et de travailler en mise au point manuelle. Si le sujet est un animal, abordez l’image comme s’il s’agissait d’un portrait et faites le point sur l’un de ses yeux. Côté exposition, soit vous laissez l’appareil gérer la technique en travaillant en mode scène macro, soit vous prenez la main en adoptant l’un des modes experts.

Le plus approprié pour la prise de vue rapprochée et sans doute le mode A (ou AV selon les marques) : vous choisissez l’ouverture de diaphragme (et donc la profondeur des champs), et l’appareil définit automatiquement le temps de pose pour garantir la bonne exposition théorique de l’image.

Sur le terrain, favorisez autant que possible les sujets placés dans les endroits protégés du vent, car la moindre brise peut faire sortir le sujet hors de la zone courte par la profondeur des champs, toujours assez limitée avec un reflex ou un hybride dont le capteur est bien plus grand que celui d’un compact.

les outils du spécialiste

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Après avoir fait vos premiers pas avec le zoom du kit, vous lui trouverez sans doute quelques limitations pratiques. C’est ici qu’entre en jeu la modularité des reflex (et dans une moindre mesure, des hybrides). Optique et accessoires étant interchangeables, chacun peut compléter son équipement en fonction de ses besoins et de son budget.

Divers accessoires optionnels sont utilisables pour obtenir des grandissements supérieurs à ceux obtenus avec un objectif « généraliste » (zoom du kit de base ou optique standard). Les deux outils les plus abordables pour gonfler les possibilités d’un objectif en matière de grandissement sont la bonnette et blague-allonge.

La première ressemble à un filtre et se visse sur la monture frontale de l’optique, dont elle abaisse la focale et en réduit la distance minimale de mise au point pour augmenter ainsi le grandissement possible (limitez-vous à *0.5 pour obtenir de bons résultats). La seconde de place entre le boîtier et l’objectif. Elle ajoute du tirage mécanique, ce qui permet d’obtenir un grandissement supérieur à celui qui donne l’objectif quand il est utilisé seul.

L’idéale  c’est d’utiliser un objectif macro

Sur le terrain, bonnettes et bague-allonge donnent de bons résultats, mais elles sont moins polyvalentes que l’optique macro, capable de travailler à l’infini comme à courte distance pour obtenir un grandissement *1 (sur la plupart des modèles récents).

On distingue trois grands types d’objectifs macro : ceux de focale standard ou proche (fleurs, petits objets), les 90 à 105 mm (fleurs, petits objets,  insectes assez farouches) et les longues focales, entre 150 à 200 mm (plutôt destiné à la prise de vue de sujet difficiles approcher).

En effet, plus la focale de l’objectif est courte, plus la distance de travail est réduite (pour un grandissement donné). Les objectifs macro de 90 à 105 mm (ou leur équivalents en

24 x 36) sont les plus polyvalents car ils permettent de couvrir des sujets très variés, tant en macro qu’en prise de vue conventionnelle.

 

 

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